Le chien peut-il suivre un traceur qui se déplace en voiture ?
En mantrailing, on apprend à observer le comportement du chien et à lui faire confiance. Mais certaines situations soulèvent des questions auxquelles l’expérience de terrain ne permet pas toujours de répondre immédiatement.
C’est justement ce qui est à l’origine de cette étude.
Une première observation intrigante
En août 2026, lors d’un examen de mantrailing, une situation particulière a attiré mon attention.
Après avoir tracé sa piste à pied, le traceur avait rejoint son point d’arrivée en voiture quelques heures plus tard. Le trajet effectué en véhicule ne correspondait pas au parcours de la piste pédestre mais était néanmoins parallèle. Le chien semblait alors retrouver une information exploitable dans la zone correspondant au déplacement du véhicule et poursuivre sa recherche.
Une première reproduction expérimentale, réalisée quelques jours plus tard dans des conditions proches, a permis d’observer à nouveau un comportement similaire.
Ces observations ont conduit à formuler une première hypothèse :
Le déplacement d’une personne en voiture pourrait laisser dans l’environnement une information odorante suffisamment identifiable pour être exploitée par un chien en mantrailing.
Mais une observation, même intéressante, ne permet pas à elle seule de déterminer ce que le chien suit réellement.
Une deuxième série de tests
Le 25 septembre 2026, l’étude a donc été poursuivie avec une nouvelle série de cinq tests.
L’objectif était d'abord de vérifier si le phénomène pouvait être retrouvé avec plusieurs chiens et plusieurs traceurs, puis de commencer à faire varier certains paramètres susceptibles d'avoir une influence.
Quatre binômes ont participé aux essais, avec des chiens présentant des profils et des niveaux d’expérience différents. Les tests ont été réalisés dans un environnement semi-urbain, dans des conditions météorologiques relativement homogènes. Quatre essais ont été menés en double aveugle et un en simple aveugle. Les distances parcourues en voiture étaient d’environ 500 mètres pour les quatre premiers tests, puis 300 mètres pour le cinquième.
Les résultats sont particulièrement intéressants.
Dans les cinq essais, les chiens ont trouvé le trajet du véhicule dès le départ, sans confusion. Les difficultés observées se concentraient principalement au niveau des intersections, ce qui rejoint certaines observations réalisées lors de la première série.
Surtout, le comportement observé n’est pas limité à un seul chien : le phénomène a été retrouvé avec les quatre binômes engagés dans les tests.
Un test particulièrement intéressant
Le cinquième test cherchait à répondre à l’une des principales limites identifiées lors de la première étude :
Le phénomène persiste-t-il lorsque le véhicule utilisé n’appartient pas au traceur ?
Cette fois, Dominique était le traceur, mais il a utilisé mon Peugeot Boxer, véhicule dans lequel il n’était jamais monté auparavant.
Madi a suivi directement la bonne direction, sans hésitation notable, puis a clairement marqué le bon véhicule à l’arrivée.
Ce résultat est encourageant, mais il doit être interprété avec prudence : un seul essai ne suffit évidemment pas à isoler cette variable ni à déterminer précisément quelle information odorante le chien exploite.
Alors, qu’est-ce que le chien suit ?
Et comment ?
C’est finalement la question centrale de cette étude.
Les résultats obtenus sont compatibles avec l’hypothèse selon laquelle le déplacement d’une personne en véhicule peut laisser dans l’environnement une information odorante exploitable par un chien.
Ils ne permettent cependant pas encore de déterminer la nature exacte de cette information.
Plusieurs mécanismes restent possibles : diffusion de composés odorants par le véhicule, déplacement d’air généré par celui-ci, dépôts d’odeurs dans ou sur le véhicule, dispersion progressive de molécules pendant le trajet, ou combinaison de plusieurs facteurs.
Une hypothèse nouvelle apparaît toutefois comme intéressante à explorer :
Les molécules odorantes du traceur pourraient progressivement s’échapper du véhicule pendant son déplacement, en quantité suffisante pour laisser une information exploitable par le chien.
Cette hypothèse reste à tester.
Une étude qui ne fait que commencer
Cette deuxième série de tests apporte donc de nouveaux éléments, mais elle ne constitue pas une démonstration définitive.
Le nombre d’essais reste limité, plusieurs variables changent encore simultanément et les chiens ne présentent pas tous le même niveau d’expérience. D’autres paramètres doivent également être étudiés : le type de véhicule, la ventilation, les fenêtres, le délai entre le déplacement et le travail du chien, la distance parcourue ou encore les conditions météorologiques.
La prochaine étape sera donc de construire des protocoles permettant de faire varier un paramètre à la fois, afin de mieux comprendre ce qui influence réellement le phénomène.
L'objectif n'est pas de chercher à confirmer une idée préconçue, mais de mettre les hypothèses à l'épreuve.
Consulter l'étude complète
Les deux parties de l'étude, les données détaillées des différents tests ainsi que les vidéos des pistes sont disponibles dans le dossier ci-dessous.
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L'étude étant toujours en cours, cette page pourra être mise à jour au fil des nouvelles expérimentations et des résultats obtenus.
Dernière mise à jour le 29/08/2026.